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Dans les cuves de la
savonnerie du Sérail, le maître savonnier élabore deux types de
savons : le blanc et le vert.
Le premier est composé
d'huiles végétales (noix de coco, palme). Les mêmes huiles
entrent dans la composition du second, mais en quantité réduite
pour laisser la place à 50% d'huile d'olive.

Entre
les deux cuves ou chaudrons de savon (un pour le blanc
et un pour le vert), le maître savonnier surveille la cuisson.
La première étape
est le mélange des huiles végétales avec l'alcali à qui on va
ajouter du sel de mer. On commence par faire bouillir le mélange
grâce à la vapeur d'eau qui circule au fond de la cuve dans un
serpentin. Par réaction chimique, l'alcali le transforme en pâte
et le sel l'épure.
Cette opération
s'appelle l'empatâge et dure environ huit heures.

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II.
La cuisson en chaudron. |
La cuisson
consiste à faire porter à ébullition la pâte pendant quatre
heures à une température d'environ cent degrés tout en
soutirant régulièrement l'alcali usagée.
Commence alors toute
une série de lavages. On asperge le dessus du chaudron avec de
l'eau froide. L'eau étant plus lourde que la pâte, elle
descend au milieu en entraînant dans sa chute les impuretés.
Durant cette
période, l'attention du savonnier doit être permanente
: la pâte bout et, comme du lait dans une casserole, elle peut
monter soudainement. C'est à ce moment qu'il doit, avec une
longue rame, brasser la pâte pour baisser son niveau.
Au bout de trois
ou quatre jours, pour vérifier sa pâte est finie, le savonnier
dépose une goutte de savon sur le bout de sa langue : il la teste !
Si elle est
douce, on peut passer à l'étape
suivante. Si ce n'est pas le cas, il faut continuer à laver la pâte.
La cuisson terminée,
le savonnier coupe le chauffage et couvre la cuve avec des
planches de bois afin de conserve sa température.
La pâte doit alors reposer
trente-six heures.

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III.
Le coulage dans les mises. |
Pendant que la pâte
se repose, les savonniers s'activent à |
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l'étage
en dessous. Ils préparent les mises qui sont vont
en
fonction de la commande, puis recouvertes de bandes de papier.
Minutieusement, les rigoles
sont installées. Elles relient le fond du chaudron à la mise. Un
savonnier libère la pâte liquide. D'abord avec douceur pour vérifier
si
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l'emplacement des rigoles est impeccable. Il en profite
pour coller avec une truelle le papier recouvrant les séparations
en bois au sol avec du savon liquide. Cette opération permet d'étanchéifier
la mise. |
Un ordre du
savonnier permet de libérer la cuillère du chaudron
et de voir couler le savon rapidement à l'intérieur de la
mise. La coulée ressemble étrangement à |
de
la lave en
fusion.
A la sortie des
rigoles, la pâte est filtrée pour retenir les dernières
impuretés. Quand la mise est pleine, on referme la cuillère
avec l'arable et le savonnier égalise la surface du
savon encore liquide. |

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| Le savon va alors sécher
quarante huit heures entre les séparations des mises. Il sèche
et durcit doucement. |

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