Voici l'histoire du savon le Sérail,
la dernière entreprise de savon de Marseille traditionnel basée dans la cité
Phocéenne.
Vous trouverez ensuite l'histoire
du savon dans sa globalité de l'origine à nos jours. Vous suivrez la passionnante
aventure de ce noble produit, facteur d'hygiène et de progrès.
| Le Sérail
garant de la tradition. |
Fondée en 1949 par monsieur Vincent
BOETTO, la savonnerie LE SERAIL perpétue depuis près d'un demi-siècle, dans les
règles de l'art, la fabrication traditionnelle du savon de Marseille.
Installée dans une ancienne
ferme isolée, la savonnerie LE SERAIL est maintenant au coeur d'un quartier
authentique.
C'est au prix de multiples
concessions et d'heures de travail, que cet homme, secondé par sa femme, parvient à
rendre viable la petite entreprise familliale.
| Le savon de Marseille est reconnu mondialement pour
ses qualités hygièniques. Mais sa fabrication artisanale et traditionnelle a
pratiquement disparue. |
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La savonnerie LE SERAIL est d'ailleurs
la dernière usine marseillaise.
Son savon est de la plus haute
qualité. Entièrement naturel, ses vertues bactéricides et hypoallergéniques sont
recommandées par les pédiatres et les dermatologues.
C'est en Gaule que l'on
retrouve les premières recettes de savon. PLINE l'Ancien (au premier siècle) dans son
célèbre ouvrage Histoire Naturelle donne la composition d'une pâte
élaborée à partir de cendres de hêtre et de suif de chèvre, dont nos ancêtres se
servaient pour teindre leurs cheveux en roux.
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Pendant des siècles, cette recette resta
inchangée, le savon servait tour à tour d'onguent, de cosmétique, de remède.
Il faut attendre le Moyen Age pour que le savon soit utilisé pour laver le linge. |
Le savon est alors le produit
d'un alcali avec un corps gras, probalement introduit en Europe par les
Croisés. L'alcali (al-qâli=cendres) désigne une plante maritime. Ce mot
d'origine arabe est utilisé jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.
Les arabes se servent de
graisse animale, mais à partir du VIIIe siècle, on leur substitue de l'huile
d'olive, qui seule donne avec une solution extraite des plantes, un savon à la
consistance ferme, à l'odeur agréable et à usages multiples.
| II. Le XIVe
siècle : le premier savonnier marseillais |
C'est au XIV qu'apparaît le
premier savonnier officiel marseillais. Il s'appelle Crescas Davin (1371).
| III. XVe
siècle : début d'une industrie |
A partir du XVe siècle, le
stade artisanal pour les besoins locaux est dépassé et on voit se créer à
Marseille les premières savonneries industrielles qui vont produire pour Rhodes,
Alexandrie et Genève.
| IV. XVIe
siècle : les premières lueurs d'une industrie |
Au début du XVIe siècle, les techniques vont
se perfectionner, notamment grâce à l'embauche de spécialistes venu de toute la
Méditerranée plus qualifiés que la main d'oeuvre française. |
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Les marseillais imitent
le savon blanc d'Alicante. Dans certaines fabriques, comme celle de Georges Prunemoyr
en 1579, la production trimestrielle atteint 9 tonnes et est exportée
partiellement vers Rouen ou l'Angleterre.
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| V. XVIIe
siècle : le savon de Marseille |
C'est au
XVII siècle que le savon de Marseille acquiert la renommée qu'il ne devait
plus perdre. Les progrès
de la médecine, de l'habillement, et de l'hygiène vont permettre une
augmentation de la consommation.
Durant la
guerre de Trente ans, les
marchands ne peuvent plus s'approvisionner en Espagne et les usines marseillaises,
de grandes qualités, voient se fidéliser les acheteurs de France mais
aussi d'Amsterdam et d'Hambourg.
Colbert, sentant la
source de profits qu'il pouvait tirer de ce produit demande alors aux
savonniers un "Privilège"
exorbitant.
Le marquis de
Seignelay lance alors
un édit salvateur pour la profession en 1688 qui règlemente la
fabrication du savon marseillais : interdiction de travailler en juin,
juillet, août, utiliser uniquement de l'huile d'olive pure (sans adjonction
de corps gras). Cet édit permet à Marseille d'être à la tête d'une
industrie qui exporte ses produits de l'Europe du Nord, l'Angleterre et le
vaste Empire turc.
| VI.
XVIII siècle : le savon star de la cité |
En 1709, la prospérité de la
ville atteint son paroxysme, Marseille compte 30 savonneries qui
tournent à plein régime. Mais la peste de 1720 ferment le port et
stoppe momentanement l'économie.
| En
1730, la production repart avec 250 000 quintaux. On peut trouver 2
qualités : le savon marbré (utilisé pour dégraissage des
laines, les ménages et pour les colonies) et le savon blanc,
plus pur, est recherché par les professionnels (soyeurs,
bonnetiers, filateurs, couverturiers, teinturiers, blanchisseurs ou
parfumeurs). |
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La
production de savon a alors doublé en 60 ans et devient l'industrie
la plus représentative de l'économie marseillaise.
L'édit de 1688 permet de maintenir la qualité du savon par des
contrôles accrus. Mais la révolution française va stopper le
commerce.
| VI. XIX
siècle : l'industrialisation des savonniers |
En 1801, le port est ouvert à
nouveau aux exportations et on comptes 73 établissements et 331 chaudières. Mais
l'import de matières premières est stoppée par les anglais qui bloquent le port. C'est
alors que les premières usines sont crées à partir du procédé de Nicolas Leblanc
qui permet l'obtention d'un des constituants du savon avec du sel marin.
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L'embargo eu pour conséquence l'augmentation du
prix des huiles d'olives et l'utilisation des huiles de graines fut plus systématiques.
On utilise l'huile de noix puis de colza, d'oeillette et de lin
Marseille fut dotée, le 5
septembre 1810 d'une commission chargée de contrôler la qualité de fabrication du savon,
obligeant les manufactures à imposer une marque garantissant le type d'huile, le nom et
l'adresse du savonnier.
L'importance de ce secteur
est
telle qu'en 1810, deux savonniers sont proposés par la préfecture au ministre de
l'Intérieur pour faire partie du Conseil des fabriquants.
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Les hommes ont
changé, ce ne sont plus comme auparavant de riches notables qui ont payés
leurs droits au roi mais des commerçants. Ils vont changer la politique
de leur congrégation en vendant directement leurs produits sans passer par
des négociants.
Les
habitudes des consommateurs évoluent et un savon à base d'un mélange
d'huiles d'oeillette et d'olive est préféré au détriment du savon à
l'huile d'olive seul. Les
usines vont alors rechercher de nouvelles recettes en ajoutant de l'huile de
Palme ou de coco, mais elles ne représente que 10 à 20% de la masse
d'huile employée.
C'est la Science qui apporte
un second souffle à l'industrie marseillaise avec la publication des travaux de Michel
Chevreul qui donne la première théorie exacte sur la saponification.
Passé 1826, tous les savonniers
marseillais utilisent le procédé Leblanc et gagnent du temps ; mais la hausse du
prix des huiles d'olive et d'oeuillette oblige les savonniers à se diversifier. De
nouvelles entreprises se créent pour presser le lin et le sésame dans la banlieue
marseillaise. D'autres préfèrent utiliser l'huile de palme, procédé utilisé en
Angleterre depuis de mutiples années. Puis les savonnerie s'interressent aux huiles
d'arachide.
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| VII. Fin du
XIXe siècle : de nouveaux procédés |
Les notions d'hygiène
élémentaire se répandent en France comme en Europe.
Parallèlement les progrès
techniques permettent,
grâce à l'utilisation de la vapeur, qui régule la cuisson et augmente la taille des chaudières, permettant d'augmenter les capacités de production des savonneries et de se battre contre de nouveaux concurrents.
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C'est une nouvelle fois son
port qui sauva l'industrie Marseillaise grâce aux graines oléagineuses qui
s'entassaient sur ses quais. D'autre part, le procédé du marseillais JD Rougier,
permettant de blanchir l'huile de palme permis l'utilisation massive de cette technique et
d'obtenir |
un
produit unicolore, blanc.
En 1855, durant l'exposition
Universelle le savon de Marseille est décorée d'une médaille d'or pour le
savon...marbré. Malgré ce succès les usines continuent de décroitre. En 1863 elles ne
sont plus que 52 dans la cité Phocéenne et sont très peu mécanisées.
A partir de 1880, la tendance va
s'inverser et on voit apparaître des manufacture comme celle de Charles Morel qui peut
produire 12 500 tonnes par an. D'autres industriels comme H. Arnavon vont ouvrir de véritables
laboratoires pour contrôler toutes les phases de cuisson du savon pour ne plus
dépendre d'un praticiens qui gouttait la neutralité du produit.
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| VIII. XXe
siècle : le savon moderne |
Au XXe siècle, le savon n'est
pas utilisé seulement comme détergeant ou moyen de toilette mais aussi comme
ingrédients pharmaceutiques, On l'utilise dans les cliniques, les hôpitaux et les
salles d'opération. Les industriels de la laine et des tissus l'utilisent abondamment.
Mais c'est à cette époque que
les huileries et les savonneries fusionnent pour chercher de nouveaux débouchés.
L'apparition de nouvelles huiles sans odeurs va mettre les savonnerie au rang d'industrie
dominée par rapport aux huileries industrielles.
Les travaux de François
Merklen vont donner l'explication physico-chimique à l'élaboration du savon et, à
la sortie de son livre, les savonniers vont s'intéresser de plus près aux nouvelles
techniques. On voit apparaître la fameuse indication EXTRA PUR 72% d'acide gras. C'est
le savon de Marseille que nous connaissons aujourd'hui.
La publicité commence à faire
la réclame de ce produit. Les slogans souvent simplistes mettent en avant la qualité.
Les habitudes de consommation
changent. On voit apparaitre au début du siècle de nouveaux emballages qui
renferment toutes sortes de cadeaux comme des louches ou des cuillers, des boites de
chocolat ou des bougies. En 1898, le savon à la surprise pouvait contenir
dans sa boite de 5kg une cravate, une chemise, un mouchoir, des bas, des chaussettes ou
des jarretières.
Un marseillais invente la
poudre...à laver au début qu'il commercialise sous la marque Persil. Mais le
nouveau produit ne rencontre pas de succès auprès des français. Il sera copié partout
en Europe et à l'étranger.
Avec 98 fabriques le secteur est
en pleine expansion avec 180 000 tonnes en 1913.
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